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Une interview réalisée par mail.
- Vous pouvez vous présenter et nous faire un historique de "Déjà Mort"?
MO : Dans le civil, nous sommes connus sous les noms de Guillaume Gwardeath & Monsieur l’Ours, mais pour Déjà Mort on a pris pour pseudos respectifs Wilhelm Fossoyeur & Hans Cercueil, comme les vrais dans les années 70. Sinon, nous avons tous les deux l’âge du christ en croix, ce qui nous fait quand même 66 ans au total.
W : On a joué avec les deux claviers de Lehavre, un temps. Mathieu Beck et le célébrissime Albanganus. Mais ça n'a pas duré. La perspective de devoir arriver à l'heure aux séances de répétition a dû les effrayer, sans doute.
- Qu'est ce qui vous a poussé à faire le groupe?
MO : C’est Gwardeath qui m’a poussé. C’est un peu une spécialité locale de définir un style particulier avant de trouver des gens avec qui monter un groupe. Ici tu rencontres toujours un mec qui te dit : « Hey, j’aimerais bien monter un groupe de garage/disbeat/hardcore old school/pop, j’ai déjà un nom, quelques paroles/riffs. » Je crois que Guillaume a pensé et créé Déjà Mort de cette façon. Je n’ai fait qu’accepter son invitation à monter à bord de son navire panzer.
W : Tu veux dire "ma forteresse volante" ?
- Vous avez déjà joué dans d'autres groupes avant?
MO : Mothra pour le plus récent, qui faisait dans la noise lourde à la Unsane, et quelques autres groupes très anecdotiques il y a plus de 10 ans…
W : J'ai fait du grunge avec un jeune homme romantique du nom de Sylvain Chauveau, qui, depuis, est devenu le Erik Satie du XXI° siècle. Je l'ai entendu interviewé sur France Culture. J'ai aussi joué dans un groupe pop qui s'appelait Marjorie Attaque Lesbienne. Le batteur est devenu un DJ bien en vue de la place parisienne. Et maintenant je tiens la guitare dans Donald Washington : rien que des plans hardcore old school, aucun risque de devenir Erik Satie ou de finir au Palais de Tokyo.
- Il y a pas mal de références à Metal Urbain (flyers, logo sur le site, etc...). Ils vous influencent beaucoup? Vous avez eu l'occasion de les voir lors de leur dernière tournée?
MO : Merde, ça se voit ? Je pensais piller leur artwork ni vu ni connu mais c’est raté faut croire… Ouais, on est très client de Métal U, et pour être franc, on a monté Déjà Mort quelques mois avant leur reformation, on a eu un putain de nez ! Maintenant on a arrêté de jouer les reprises de « Panik » et « Crève salope » en concert, rendons à César ce qui est à César, et le côté rip-off de Métal Urbain s’est estompé pour laisser beaucoup plus de place à d’autres influences, d’autres genres comme la pop, la new-wave et Cabrel peut-être un jour. Mais sur ce dernier j’arrive pour le moment à brider mon comparse.
W : Ouais, Métal Urbain ça avait bien la classe en son temps. J'ai les vyniles à la maison, c'est sûr. Même le premier single, Rough Trade 001, une belle bête. On les a vus lors de leur tournée de reformation. Une première fois à Rennes, pendant les Transmusicales. Les organisateurs les avaient fait jouer en plein milieu du concert des Bérurier Noir ! La grosse lose, ils ont joué dans une salle vide aux neuf dixièmes du coup ! Et on les a vus à Bordeaux lors de leur concert avec Parabellum et Oberkampf. J'ai bien aimé leur attitude froide, mais leur parti pris sonore hyper moderne avec les derniers Apple à la mode et tout le tremblement ne nous a pas séduit. Bon, et Eric Débris n'est pas Claude Panik, non plus. Sinon récemment je me suis retrouvé dans un bar à Paname coincé entre FJ Ossang et Eric Débris. J'ai failli leur faire le bon vieux coup du "j'aime bien ce que vous faites", mais bon, j'ai suivi mon instinct et j'ai fermé ma gueule.
- De quoi parlent les textes de vos morceaux? La forme, c'est assez situationiste, nan? (oui, moi aussi je me suis étonné d'avoir autant de vocabulaire!)
MO : Deux « n » à situationniste mec. Mais ce mot a été mis à tant de sauces ces dernières années que j’ai un peu de mal avec ça. Je crois que « cynique » est plus adapté ; en plus on fait super bien le chien… Après c’est Guillaume qui écrit tous les textes, donc laissons-le nous exposer le topo.
W : J'écris des textes codés, avec plusieurs niveaux de lecture, un peu comme Georges Perec ou Umberto Eco. Là, je suis en train de bosser sur une adaptation de "Da Vinci Code" façon Reich Orgasm, avec des samples de "Scoobidoo" enregistrés directement sur ma console Playstation 2.
- Pourquoi ce nom, "Déjà Mort"?
MO : Pas à cause du film d’Olivier Dahan en tout cas, même si je l’aime bien. Encore une fois c’est Guillaume qui a trouvé le nom. Quoi qu’il en soit, je suis assez content qu’on ait pris un nom en français.
W : Nous sommes déjà morts. Voilà notre seul manifeste métaphysique et social. Aucun rapport avec le film, en effet. Plutôt une influence directe de la chanson de D.O.A, "Already Dead". Pour ma part je n'ai pas vu le film dont parle l'Ours, j'ai eu besoin de la cassette pour enregistrer "Timides mais humides" qui passait sur XXL.
- Quels sont vos rapports avec la scène punk à Bordeaux? Quels sont les groupes bordelais que vous préférez? Et les groupes que vous écoutez, français ou internationaux, c'est quoi?
MO : Nous entretenons d’excellents rapports avec toutes les scènes bordelaises qui se mélangent allègrement dans une partouze des genres musicaux des plus rafraîchissante. Les Jakes, Face Up To It ! et Antena Tres sont des groupes qui ne me déçoivent jamais en concert ; que les autres me pardonnent, je les aime aussi (presque tous). Après on écoute quasiment de tout, même si notre background commun est le punk-hardcore des années 80, avec Dead Kennedys, Black Flag, Circle Jerks et compagnie.
W : C'est vrai qu'à Bordeaux on est gâté, de Happi Wiz à Out Of Date, il y en a pour tous les goûts. À Bordeaux mes préférés étaient Cheval de Frise, mais je crois qu'ils envisagent un break, et Noir Désir, qui en resteront là si j'en crois ma collection de Paris Match. Là où j'éclate mon camarade en termes de rayonnages de disques, c'est sans conteste le heavy metal. Kiss, Iron Maiden, Metallica, Motörhead, Slayer, la totale. L'Ours m'explose en vieux punk français, toute l'époque Chaos En France, là je suis un peu léger.
- Quels sont vos projets à court et long terme?
MO : Wow mec ! Ma vie est un projet ! Mais pour Déjà Mort : un split EP avec Donald Washington si tout va bien suivi d’une petite tournée hors Bordeaux. Pour se tenir au jus, on a un site avec les infos de rigueur : http://dejamort.fr.st
W : J'envisage d'acheter une hotte aspirante.
- Posez vous une question super pertinente et répondez y!
MO : Merde, je dois la poser à qui la question ? A moi-même ou à Guillaume ?
W : J'ai une question pour toi, mec : ne penses-tu pas qu'Hitler aurait mieux fait, à partir du deuxième semestre 1944, de concentrer l'utilisation de ses fusées V1 puis V2 sur la côte normande pour mettre à mal la tête de pont alliée, plutôt que d'être obsédé par Londres qui, admettons le, ne constituait pas une cible stratégique majeure ?
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Y a toujours une question à la fin des interview qu'est faite pour que le groupe réponde des conneries alors : le mot de la fin?
MO : On ne dit jamais de conneries. Que des trucs sérieux d’une intelligence rare.
W : Non, moi je dis des bêtises souvent. Mais je ne me rappelle plus lesquelles.