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Parabellum - 28.04.2004

 

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Interview réalisée en direct, avant le concert le même jour à Barbey.

- Alors est ce que vous pourriez rappeller, comme il y a des gens qui ne savent pas que vous existez encore, la formation en 2004.

Schultz : La formation en 2004, de la très vieille mouture, il reste Schultz et Sven. Schultz guitare/chant, et Sven guitare. Et donc les nouveaux, qui sont plus très nouveaux maintenant, c'est Xavier à la batterie, et Oliv' à la basse. Oliv qui nous a rejoint début 1998 et Xavier, qui à plusieurs reprises a fait des trucs avec nous, et qui est fixe depuis 3 ans à peu près.

  -Et ce désir de vous reformer après la rupture, c'était commun à vous deux (ndraph : Sven et Schultz)?  

Schultz : Pour le plan financier!
Non, ça a commencé de façon assez banale, et drôle en même temps, c'est qu'on nous a proposé de nous reformer pour un concert. Maintenant, c'est très commun, presque tout le monde fait ça...
Sven : C'est tendance
Schultz : Ouais, alors qu'en 97, ça se faisait pas du tout. Et il y a un bonhomme qui voulait faire du Parabellum, reformer Parabellum. Et en fait moi j'étais le dernier à vouloir me remettre dans l'histoire, et ce bonhomme là il est venu avec un vigneron bordelais, un soir, il est venu avec le Montbazillac, le paté... heu le fois gras, voilà, le bordeaux de chez pas où, le cassoulet machin, et puis à la fin y s'est passé que voilà, c'était fait quoi. L'histoire elle s'est passée que... si tu veux, quand t'es musicien t'as 2 solutions dans ce genre de reformation, c'est que soit tu veux toucher de la thune, et effectivement je crois qu'il y avait je crois 7000 personnes à ce concert, et tu t'en fous, tu peux pas voir la gueule de l'autre, chacun a un hotel différent, t'arrives le soir, t'en as rien à tapper si t'es juste si t'es faux, tu prends ta thune et tu te casses, mais comme on est quand même musiciens, on a décidé de répéter et de faire le concert bien, et d'ailleurs ça a d'ailleurs donné un live. Et puis quand tu commences à répéter et que t'as des frissons qui te descendent jusque dans le bas du dos, tu dis "ouais, on fait le concert unique et on se voit dans 15 jours". Et 15 jours après, on était reparti, et on a signé.

 -Et vous refaites des concerts de petite envergure, pas que à des festivals  

Schultz : Non, pas que des festivals, même si on en a fait. On a fait 2 énormes festivals. Genre le truc avec 40000 spectateurs la première fois, 60000 la 2ème, où tu joues avec Motorhead et tout le tralala  

-Et vous préférez quoi ?

 Sven : Ah moi je dirait qu'une salle comme ça (ndraph : Théatre Barbey), c'est formidable.

  -Vous êtes déjà venus à Bordeaux?  

Sven : Plein de fois, ouais. Dans cette salle là.
Schultz : A l'époque, même avant que ça change.
Sven : ça doit faire 8 fois tranquille, qu'on revient à Barbey.
Schultez : ouais, 6 parce que c'est toi. On a joué au Jimmy aussi, etc...


  -J'ai lu récemment une interview dans laquelle vous disiez que vous n'aviez jamais été aussi bons que maintenant. C'est sur le plan technique uniquement, ou bien des compos, etc..?  

Schultz : Je crois que dans l'absolu, on a bien vieilli. Puisqu'on est à Bordeaux, vous devez savoir comment ça marche, je crois qu'on a pris de la bouteille. On se régale toujours autant, on s'éclate vraiment grave sur scène. Je touche du bois pour ce soir.. on se régale à jouer, et on joue forcément mieux qu'en 85, mais il y a tout qui va avec. Bon, il y a un répertoire plus grand, on joue pas 3h. Pour moi c'est entre 1h et 1h15 le concert rocn'k roll de base, parce qu'après tu dilues, tu fais plein de rushs... "hé celle là vous la connaissez pas?" Tu mets un gros nez rouge, le blouson de cuir, et puis vas y quoi. Il faut que ça soit quelque chose de tenu. Donc en plus, on a pas mal de morceaux, on va finir ces quelques dates qui nous restent, et on va rebosser sur un prochain album. Pour créér un autre truc, pour remonter sur scène avec la trouille parce que c'est la première fois que tu le joues.
Sven : Et puis la formation actuelle, elle est..! Strictement musicale, il y a une bonne cohésion!

-Où vous trouvez l'inspiration pour trouver encore des choses à dire dans vos morceaux?  

Schultz : T'ouvres ton journal! N'importe lequel, que ce soit, la république u centre ouest ou le parisien, et t'allumes ta télé et tu regardes. J'aurais tendance à dire que c'est dommage que les textes qu'on chantait en 86, qui sont sur le premier album, soient toujours d'actualité. Parce que quand tu chantes la bombe et moi boum boum tralala en 86, et que tu vois un Bush, ce qu'il fait comme massacre. On nous parle de mondialisation, on était déjà en plein dedans à l'époque. Quand tu regardes en France, que ce soit la droite ou la gauche, qu'est ce qu'ils apportent, à part sucer des bites au MEDEF. Il y en a qui le font un peu plus ou un peu moins, mais au final, tu baisses ton froc et tu rentres en marche arrière dans le bureau du patron. En même temps, je m'apparenterais pas à la LCR, je serais pas anar machin, je suis pas encarté. C'est juste un truc de vie, tu regardes autour de toi, et tu regardes ce que tu vis le matin en te réveillant.

-Alors, justement par rapport aux vieilles chansons toujours aux gouts du jour : ça vous fout pas les boules qu'il y a des gens aujourd'hui qui viennent à vos concert que pour voir les Parabellum des années 80, qu'ils n'ont pas connu?  

Sven : Moi c'est pas par rapport aux chansons si tu veux, que ça me dérange, mais c'est comme un attitude générale. Si tu veux, le punk, genre '76, '77, c'est "No Future". Les mecs, 30ans plus tard, c'est pas "no future", mais ils sont à fond dans le passé. Ils veulent qu'on leur renvoie une image du passé, limite des fois qu'ils n'ont pas connu. Ca ça m'énerve profondément. Des fois j'ai envie de leur dire, "putain mais bouge quoi!" T'as a peine commencé à jouer "Amsterdaaam, Cayeenne!"

-Que pensez vous du "Rock" en France?

Schultz : Moi je pense qu'il existe toujours. Quand on parle du mouvement alternatif, il n'y a pas que le rock. Moi je me rappelle des soirs où il y avait Parabellum, avec les Endimanchés, c'était "Je vais aux champignons tralala". On peut pas considérer que c'est du rock.

-C'est l'état d'esprit Rock...

Schultz : Voilà absolument. On a collaboré avec les Svinkels, qui sont un groupe de rap qui tue, qui déchire, c'est génial, quoi. Et pour moi ça c'est du rock. Avec même du 'n roll! Je dis pas ça à tout le monde, il y a des morceaux de 'n roll dedans. Les sai sai aussi, à grimper au plafond, c'est ragga, j'en sait rien ce que c'est, mais c'est génial. Ca fait parti de mon histoire. Et on rejoint un petit peu le coté alternatif, je dis dis le coté alternatif, mais je suis pas du tout passéiste, et même au moment de l'alternatif, j'étais pas très très... Je me souviens d'une discussion avec Loran Béru, on était à Bourges, et pendant que tout le monde était en train de remballer le truc, après le concert de 6000 ou 7000 personne, et on était là à parler, et je disais "tu vois le mouvement alternatif, c'est super, mais on est dans un tunnel, et on pousse un wagon. Alors t'as le choix, on se disperse et on pousse chacun de notre coté, ou on se met tous derrière, et on le fait avancer. Pour le moment, on est tous derrière le wagon, mais quand on va sortir du tunnel, est ce qu'on va tous rester derrière le wagon, ou est ce qu'on va se redisperser? Ca a pas trainé, 2 ans après, t'avais des signés chez machin chez machine, etc.. Et encore une fois, dans le mouvement alternatif, un groupe comme La Mano, c'est génial. Ca vend, c'est une bombe, c'est bon! Je parlais des majors, mais c'est excellent, c'est un poiscaï et tu t'accroches au truc et vazy! Tu vois c'est comme U2, quand ils sont arrivés sur leur major, ils avaient déjà fait 3 disques d'or. Bon bin la c'est pareil, La Mano, quand ils ont signé, ils pouvaient dire "bon bon bon". Et donc là ou ca a éclater, c'est que tout le monde a signé n'importe comment. Après le tunnel, tout le monde a couru dans la nature, on aurait poussé le wagon un tout petit peu plus loin, c'était mieux, mais bon...

-Donc pour en revenir au début, l'esprit rock, même si c'est pas avec les guitares, il existe toujours?

Schultz : Ah ouais, de toute façon 0%, c'est pas possible.


-Est ce que vous vous intéressez toujours à la scène punk française DIY : petits groupes, labels, etc..? 

Sven : On en rencontre, quand on joue avec certains groupes. Ils ont raison de continuer, et c'est la seule manière... ça va être de plus en plus comme ça quoi. Avant tu pouvais encore rêver, rentrer dans une maison de disque, machin, mais je crois que ça va être de plus en plus difficile, donc tant mieux pour ceux qui vont arriver à se demerder le mieux possible!


-Et au niveau des groupes que vous aimez en ce moment? 

Sven : Disons qu'on a rencontré des gens sur la route avec lesquels on a trouvé que ça le faisait bien sur scène. Malheureusement, je retiens pas les noms, mais y a pas longtemps à Lyon on a joué avec un groupe qui envoyait bien bien... (ndraph : les Dirty Fonzy). On a fait pas mal de concerts avec les Apaches aussi, ouais ça le fait pas mal aussi.


-Vous trouvez pas que le public a changé, en 20ans, qu'il y a vachement moins de monde au courant de ce qui se passe, les concerts, les sorties de disques..?

Schultz : je sais pas... je suis toujours étonné, dans les concerts qu'on fait, il y a toujours des 15-25ans. Qu'il y ait des mecs de 30-40 barreaux qui viennent, parce qu'ils ont pris leur claque quand c'était le moment, y a 20ans, bon tu comprends ça, on va pas leur interdire l'entrée quoi (rires). Mais ce qui est vraiment génial, c'est de voir des jeunes qui arrivent. Donc s'ils viennent, quelque part c'est qu'ils ont suivi un cheminement, qu'ils ont vu des trucs, et se disent, "tient Parabellum, j'vais aller voir!"

-Vous avez un objectif, un idéal, à l'heure actuelle?

Sven : à court terme, c'est de faire un super bon album, le prochain, c'est aussi con que ça, mais tu sais on est pas très futés. Par contre, on se rend compte que sur les 50 dates qu'on vient de faire, sur la grande grande moyenne des dates ont a fait kiffer tout le monde. Et nous on aimerait qu'il y ait plus de monde, alors on se dit que pour ça, il faut qu'on fasse un album qui les ammene quoi.
Schultz : quand tu fais un album, c'est comme n'importe quoi, tu veux que ce soit le meilleur que t'ait fait.

-Vous en êtes où de l'album?

Schultz : on a quelques compos. Il devrait sortir en octobre novembre

-Un label en vue?

Schultz : Non. Ca fait des années qu'on avait pas de manager, et on en a trouvé un, il a l'air de vraiment bien bosser, on lui fait confiance pour ce truc, parce qu'il sait ce qu'on veut. Stephan Eicher s'est fait virer de chez Sony, alors nous on veut plus aller chez Sony, à cause de cette histoire (rerires). Non je sais pas, on s'en fout. Pas forcément une major, même pas forcément du tout.
Sven : moi ce que je voudrais, c'est un truc un peu plus en phase... où on se sente plus à la maison. C'est quand même plus agréable, même si c'est des gens qui font une autre partie du travail, qu'on ait quelque chose à voir. Pas forcément un petit label, mais que les rapports au moins, soit d'égal à égal.

-Vous en avez pas marre de répondre à des interviews depuis 20ans?

Sven : c'est nouveau pour moi parce qu'avant je répondais pas aux interviews! Je picolais...
Schultz : y en avait un plus con qui s'y collait!
Sven : c'est vrai c'était rare pour moi avant, c'est depuis que... j'ai pris conscience de la promo (rires)
Schultz : des aspects financiers de l'internazionaleu. Non sérieusement, ça fait partie du truc, il y a des gens qui viennent te voir en ayant envie de parler du truc avec toi, c'est normal

-Le mot de la fin?

Schultz : FINNN!
Sven : Salut, content de te voir!

comme un doigt... 2004